Au Sénat, j’ai interrogé la ministre de l’Agriculture Annie Genevard sur le Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières, qui est une menace pour nos céréaliers. Importateurs d’engrais sur le sol européen, cette taxe supplémentaire frappe un secteur déjà fragilisé par les réglementations européennes et la volatilité des marchés internationaux.


Plusieurs facteurs ont fragilisé les céréaliers, à commencer par le prix des engrais, qui représente jusqu’à 65% des charges variables selon les exploitations, soit plus de 150 euros par hectare. A ce titre, l’exemple du blé est sans appel. En 2025, le coût .de production du blé s’élevait à 230 euros la tonne en France, pour un prix de vente autour de 165 euros. C’est donc un déficit de 65 euros par tonne. Dans un tel contexte, ajouter une taxe carbone aux frontières ne peut que pénaliser définitivement la compétitivité de nos céréaliers, et notamment les exploitations de taille moyenne, qui ne pourront pas absorber ce choc supplémentaire.
Suspendue temporairement mais sans autre garantie par Bruxelles, j’ai interrogé la ministre sur les intentions de la Commission européenne. Si le sujet est bien sur la table, la ministre a reconnu que l’avenir de ce « répit fiscal » reste très incertain. La pression des céréaliers doit impérativement être maintenue, comme c’est le cas dans plusieurs pays européens, qui dépendent eux aussi des importations d’engrais.
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