Pour un accès encadré aux pratiques de soins intégratives

J’ai interrogé le gouvernement mardi 19 mars sur la nécessité de clarifier sa politique d’accès aux pratiques de soins non conventionnelles.

La France a pris un retard certain dans l’encadrement de ces soins complémentaires à la médecine conventionnelle, au détriment de l’intérêt des patients.

Aujourd’hui, 40 % de la population se tourne au moins une fois par an vers des pratiques de soins non conventionnelles, et ce chiffre grimpe jusqu’à 70 % chez les patients atteints de maladies chroniques, graves ou douloureuses. C’est ce qu’on appelle la « médecine intégrative », que nos voisins allemands et suisses, ainsi qu’une majorité de pays occidentaux, ont développé avec succès à l’hôpital et en soins ambulatoires, depuis de nombreuses années déjà.

En France, les autorités entretiennent une confusion entre bonnes et mauvaises pratiques au détriment des malades, tout en voulant imposer une nouvelle loi superflue contre les « dérives sectaires en Santé » alors que nous disposons déjà d’un arsenal législatif complet.

Or, ce n’est pas avec une approche sécuritaire ou par l’interdiction des pratiques que nous pourrons améliorer l’accès à ces soins, mais par une une politique ambitieuse qui ne mettrait pas en danger les patients.

> Pour voir ma question et la réponse de la ministre https://videos.senat.fr/video.4492621_65f9404f3fd89.seance-publique-du-19-mars-2024-matin?timecode=7997000

Les médecins comme les patients demandent des soins encadrés

Selon l’enquête Odoxa réalisée pour l’UNADFI, les Français pour 80 % d’entre eux, souhaitent un meilleur encadrement de ces pratiques nécessaires à leur santé. Cette enquête indique par ailleurs que 70 % d’entre eux ont bien conscience des dérives et pratiques abusives.

De son côté, l’Académie nationale de médecine soutient le développement d’un enseignement critique sur l’intérêt et les risques des thérapies complémentaires, et appelle à la structuration de départements de médecine intégrative dans les facultés de médecine.

Enfin, le gouvernement avait lancé un comité d’appui technique à l’encadrement de ces pratiques en juin 2023, mais ses travaux sont à l’arrêt depuis. Il est urgent qu’ils reprennent en s’inspirant, par exemple, des expériences abouties chez nos voisins européens !